Archives mensuelles : mai 2012

Les Révoltés de Cordoue

Les Révoltés de Cordoue, d’Ildefonso Falcones, Editions Robert Lafont, 876 pages, 23,90 €, 2011, roman historique traduit de l’espagnol par Marie Plantagenêt.

Quatrième de couverture :

“Un royaume déchiré entre deux religions, un amour sans limites, un homme face à son destin…

1568, Royaume de Grenade. Ecrasés par l’Inquisition, humiliés par des années d’oppression, les Maures prennent les armes et font couler le sang dans les villages blancs de la Sierra Nevada. Né d’une Mauresque violée par un prêtre catholique, Hernando dit “le Nazaréen”, en raison de ses yeux bleus, est entraîné dans ce combat qu’il fait sien. Méprisé par les uns, rejeté par les autres, il est confronté durant l’insurrection à la violence et à la cruauté des deux parties ; il va surtout rencontrer celle qui deviendra son grand amour.

Tour à tour muletier, esclave entre les mains des Barbaresques, dresseur dans les haras royaux de Cordoue, et lettré à la Cour, Hernando, porté par la superbe et courage Fatima, n’aura de cesse de lutter, au péril de sa vie, pour réconcilier les deux religions en guerre et rendre à sa culture la dignité et la place qu’elle mérite.

A la suite de ses inoubliables héros, Hernando et Fatima, “les Révoltés de Cordoue” nous entraîne dans une fresque historique et amoureuse, traversée par le rêve de tout un peuple. Au souffle romanesque et au talent de conteur d’Ildefonso Falcones, s’ajoute une sensibilité à des thèmes – la tolérance, le droit à la différence – dont l’écho se prolonge jusqu’à nous.”

Barcelonais de naissance, Ildefonso Falcones vit dans la capitale catalane, où il exerce la profession d’avocat. Grand lecteur et fin connaisseur de l’Espagne médiévale, il a consacré dix années à l’écriture de “La Cathédrale de la mer”, son premier roman, qui lui a valu une renommée internationale. “Les Révoltés de Cordoue” s’est déjà vendu à plus d’un million d’exemplaires dans le monde.

Extrait page 15 :

“Juviles, Alpujarras, royaume de Grenade

Dimanche 12 décembre 1568

Le carillon appelant à la grand-messe de dix heures du matin fendit l’atmosphère glaciale qui enveloppait le petit village, situé sur un des nombreux contreforts de la Sierra Nevada ; son écho métallique se perdit dans les profondeurs des ravins, comme s’il voulait s’écraser contre le flanc de la Contraviesa, la chaîne montagneuse qui, au sud, entoure la vallée fertile traversée par le Gualdafeo, l’Adra et l’Andarax, trois rivières arrosées par d’innombrables affluents qui descendent des sommets enneigés.”

Mon avis :

En écrivant la première phrase du livre (l’extrait), je comprends de ce qui m’a gêné par moment : la longueur des phrases… mais autant dire que ce n’était que par moments ! Ce qui m’a été vraiment difficile à lire, c’est la violence qui régnait en maître à cette époque au point d’être parfois obligée de laisser le livre fermé quelques temps. Je me suis même dit que je n’irais pas au bout du pavé à cause de ça !

Qu’on se le dise : je n’aime pas la guerre ! (Bon, en même temps, je n’avais qu’à choisir un autre livre… j’avais été prévenue dans la quatrième de couverture que je lis toujours avant d’ouvrir un bouquin, sourire).

Mais ce livre m’attirait invariablement : il fallait, vous entendez ?,  il fallait que je sache ce qui allait arriver à Hernando et Fatima !

Dès le début, je suis entrée dans la peau d’Hernando… et n’en suis jamais sortie. Ce qui lui arrivait me touchait. Et si je ne comprenais pas toujours les réactions de Fatima, souvent surprenantes pour moi, j’admirais ce personnage de femme passionnée, défendant ses convictions, se résignant parfois pour mieux se défendre par la suite. Et Hernando, homme qui s’adapte aux évènements, homme de coeur, dont la raison de vivre – trouver une source d’apaisement entre l’islam et le catholicisme – le fait s’éloigner des siens, rejeté, éprouvé quand il ne fait, à son niveau, que ce que les autres font… Mais attention, ce n’est pas un livre de religion mais un livre qui nous emmène dans la guerre de religions.

Tolérance, droit à la différence, amour, moins d’injustice sont des valeurs que je porte et que je retrouve dans ce livre qui m’a touché bien plus que je ne l’aurai cru.

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Classé dans roman historique

1Q84, livre 2, juillet-septembre

1Q84, livre 2, juillet-septembre de Haruki Murakami, Editions Belfond, roman, 2011, 23€, 526 pages, traduit du japonais par Hélène Morita.

Quatrième de couverture :

“Les choses qui restent enfermées dans notre coeur n’existent plus en ce monde. Mais c’est dans notre coeur, ce monde à part, qu’elle se construisent pour vivre.

Le livre 1 a révélé l’existence du monde 1Q84.

Certaines questions ont trouvé leur réponse.

D’autres subsistent : qui sont les Little People ? Comment se fraient-ils un chemin vers le monde réel ? Pourquoi deux lunes dans le ciel ? Et la chrysalide de l’air, est-elle ce lieu où sommeille notre double ?

Ceux qui s’aiment ne sont jamais seuls.

Le destin de Tengo et d’Aomamé est en marche.”

Extrait page 9 :

“La fin de la saison des pluies n’avait pas encore été officiellement annoncée, mais le ciel était tout à fait dégagé et un soleil de plein été chauffait la terre sans retenue.”

Mon avis :

Un deuxième tome troublant, passionnant, dans lequel on plonge sans même s’en rendre compte…. Le temps défile, les pages aussi… avec plaisir !

Oui, le destin des deux héros est en marche. Et j’avoue m’être sentie plus proche de d’Aomamé que de Tengo, contrairement au premier tome.

Des réponses arrivent comme l’histoire de la chrysalide de l’air, et des choses troublantes pour ne pas dire inquiétantes surviennent.

Quand j’ai cru avoir démasqué un ennemi du bien, au moment suprême, je me suis sentie envahie par la compassion… Que d’émotions ! Et quel suspense !

Haruki Murakami est un maître dans l’usage des mots : chaque mot est juste, bien dosé, à sa place… (et merci à Hélène Morita pour cette magnifique traduction !)

La fin de ce tome est stupéfiante et totalement inattendue…

Vraiment, à  lire ! Ne pas passer à côté de la série ! C’est topissime.

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Classé dans roman d'aventure

Le dernier jour de ma vie

Le dernier jour de ma vie (et si ma vie pouvait recommencer) de Lauren Oliver, Editions Hachette Livres – Blackmoon, 2011, Science-Fiction, 450 pages, 18 €

Quatrième de couverture :

“Samantha Ringstone a tout pour elle : le petit copain le plus craquant du monde, trois meilleures amies géniales et une cote de popularité illimitée.

Ce vendredi de Février aurait donc dû être un jour parfait dans une vie parfaite. Pourtant ce vendredi de Février es le dernier pour Sam.”

Par Lauren Oliver, l’auteur de Délirium, “un phénomène aux Etats-Unis”, “L’étoile montante de la scène littéraire jeunes adultes”.

Extrait (page 9) :

“D’après certains, juste avant de mourir, on voit sa vie entière défiler devant ses yeux. Ça n’a pas été mon cas.

Pour être honnête, la perspective de ce passage en revue final m’a toujours fait frémir. Comme dirait ma mère, certains souvenirs méritent de rester aux oubliettes.”

Mon avis :

Génial ! Ce livre est génial ! Comment ne pas s’attacher à Sam ? Comment ne pas ressentir les émotions qui la traverse ? Qu’aurions-nous fait à sa place ?

L’auteure exploite cette situation de dernier jour de la vie avec talent, nous emmenant dans l’ivresse, l’amitié, la séparation, l’amour, la prise de conscience et le désir impérieux d’aider l’autre.

Et quand arrive la dernière partie de l’histoire, le style se fait plus grave, plus solennel, plus authentique aussi, soulignant l’importance du moment présent. Que de secrets découvrons-nous…

Je n’ai qu’une envie, c’est de vous faire lire ce livre qui se lit très facilement, mais hélas, demain, il me faudra le rendre à la bibliothèque…

Hâtez-vous ! Cherchez ce livre ! Et si, comme moi, vous avez des a priori sur ce genre, la science-fiction, oubliez-les et plongez dans l’univers de Samantha Kingston, une fille bien (qu’on se le dise !).

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Classé dans roman de science-fiction

Dans l’œil du cyclone

“Dans l’œil du cyclone”, de François Xavier, Les Editions du Littéraire, 2012, 236 pages, 17,50 €.

> Présentation : Il a un avis sur tout. Traque les défaillances morales comme d’autres les virus. De Venise aux gorges du Verdon, de Berlin à Hollywood il suivra la tendance et enquêtera sur le 11-Septembre et les marchands d’art. Il roule trop vite et boit parfois plus que de raison. Décrypte médias et discours politiques grâce à une lucidité portée en étendard. Il se permet même d’afficher une totale liberté d’expression et s’amuse à damer le pion aux pharisiens du nouvel ordre mondial : X. est un homme de principes. Mais il a un point faible, il cède facilement à ses sentiments, pensant que l’Amour assouvira sa quête de sens.

>  Ce livre est un mélange entre le roman et l’essai, une quête authentique de l’amour, une exploration de ce sentiment qui chamboule une vie.

François Xavier m’a dédicacé son livre (merci beaucoup, ça m’a vraiment touché !) en utilisant l’expression d’une plongée en apnée. C’est ce que j’ai ressenti à la lecture. Me voilà plongée dans l’histoire et la tête d’un homme, avec sa vision de l’amour et des questions : l’amour, est-ce le désir ? du sexe ? autre chose ? En apnée parce que le style d’écriture est vif, avec des phrases courtes, ce qui donne de la vitesse et beaucoup de rythme à l’histoire.

Pour vous donner l’eau à la bouche, voici un extrait (page 15) :

« C’est ainsi que tout commença. Dans la nuit du trente juin au premier juillet. Lors d’une soirée ordinaire avec quelques gens ordinaires, seulement voilà. S’il y avait bien un buffet froid et de la musique. Des filles en mini-jupe aux jambes fluettes et aux regards envoûtants. Il y avait Marie. »

X a aimé Marie, puis ils se sont quittés et la vie continue d’avancer. X est célèbre et X cherche l’amour dans les autres femmes et en arrive à la conclusion que lorsqu’il aime vraiment, il a envie de dormir avec elle, la femme pour qui il ressent quelque chose, et non, là je n’ai pas tout révélé (sourire).

Même si j’ai eu par moments quelques petites difficultés à la lecture, n’étant pas une grande littéraire d’une part, et parce qu’il me manquait des transitions pour bien suivre l’histoire, j’ai fini par m’attacher à X et à ce « Je » qui n’est pas X (mais son ami) et qui nous aide à progresser dans l’histoire. J’ai aimé découvrir la façon dont X, être humain de sexe masculin, vivait les choses, que ce soit quand il aime Marie, quand ils se quittent, quand il se fait apprivoiser par elle.

J’ai apprécié le prologue qui surprend : va-t-on lire une descente aux enfers ? un policier ? mais de quoi X souffre-t-il ? Tout comme j’ai apprécié le dernier paragraphe de la post-face qui ne peut que nous arracher un sourire car nous avons une réponse, enfin !, et pas celle à laquelle je m’attendais (ça aurait été trop facile, n’est-ce pas François Xavier ? sourire)

Enfin, je voudrais terminer sur le format du livre (13,5 cm x 21,5 cm), idéal en ce qui me concerne, avec des pages de couleur ivoire, détails peut-être pour vous, mais pour moi qui lis le soir avant de m’endormir, détails qui comptent !

Merci, François Xavier, pour cette lecture enrichissante !

Et merci aux Agents Littéraires de m’avoir permis de découvrir cet auteur, ainsi qu’aux Editions du Littéraire qui m’ont aimablement envoyé le roman.

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Classé dans roman