Archives mensuelles : avril 2012

Journal de Yalda

Le Journal de Yalda, de Yalda Rahimi et Marion Ruggieri, Editions Grasset, 2005, 17,90 €, 282 pages.

Quatrième de couverture :

“Je m’appelle Yalda. J’ai 17 ans et je suis afghane. Quand j’avais 5 ans, nous avons fui la guerre pour nous réfugier à Islamabad, au Pakistan, où j’ai vécu dans la poussière.

A la télé, j’ai vu mon pays sombrer dans l’obscurantisme, les femmes réduites à néant par les talibans. Lorsqu’on m’a proposé de poursuivre mes études à Paris, j’ai pensé : c’est la chance de ma vie. Ma famille a dit oui. Je n’ai encore jamais pris l’avion, je n’ai encore jamais vu de femmes sans voile ailleurs qu’à la maison. Chez moi, à mon âge, une fille est mariée, souvent sans son consentement.

Hier soir, avant mon départ, on m’a offert un cahier avec sur la couverture une montagne enneigée. Pour y écrire ce que j’ai sur le coeur.”

C’est le regard lucide, étonné et souvent drôle d’une jeune femme afghane sur nos mœurs : le voyage de Yalda en France.

Extrait page 37 :

“7 Septembre 2003.

Aujourd’hui, j’ai déjeuné “en terrasse”. Une pratique déconcertante. Chez nous, il serait totalement incongru, voire inconvenant, de manger dehors. D’abord, parce que c’est pollué. Ensuite, parce que c’est interdit aux femmes. Au restaurant, les Afghanes doivent manger cachées.”

Mon avis :

Un livre plein de fraîcheur, de découvertes, dans lequel je ne me suis jamais ennuyée. Voir le monde occidental avec les yeux de Yalda est souvent drôle.

Une bouffée d’oxygène qui fait relativiser un certain nombre de choses que l’on a d’acquis et qui sont oubliées.

Un livre relativement récent (2005) et dont on aurait pu penser qu’il datait du siècle dernier.

J’ai adoré. Je l’ai lu d’une traite. Et surtout, j’ai beaucoup appris sur ce qu’est une femme Afghane, son rôle, sa vie, les traditions… et les miennes qui me paraissent si évidentes, comme boire un café sur une terrasse…

Un livre très bien écrit, dont la fin est ouverte et dont j’ai dit : “pourvu qu’il y ait une suite !”.

Un livre à lire ! A ne pas passer à côté !

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Classé dans roman

Le sang de la déchirure

Le Sang de la Déchirure, L’Epée de Vérité, Tome 3 de Terry Goodking, Editions Bragelonne, Fantasy, 2009

Quatrième de couverture :

“La barrière qui séparait l’Ancien et le Nouveau Monde a été brisée.

Des forces anciennes viennent assiéger les Contrées du Milieu. Des forces si terrifiantes que, la dernière fois qu’elles ont frappé, il y a 3 000 ans, on n’a pu les repousser qu’en murant l’Ancien Monde à l’aide d’une barrière magique infranchissable. A présent, celle-ci n’est plus, et Richard Rahl et Kahlan Amnel sont les seuls à pouvoir faire face aux puissances maléfiques qui vont déferler.

Richard est le Sourcier de Vérité, mais il est aussi un sorcier de guerre, le premier depuis des millénaires. Quant à Kahlan, sa bien-aimée, elle se cache loin de lui, traquée par des fanatiques qui ont entrepris d’assassiner tous les possesseurs de magie. Ils se font appeler le Sang de la Déchirure. Ils torturent et tuent des innocents en prétendant lutter contre le Mal.

Alors que règnent la manipulation et la guerre, Richard devra tout faire pour empêcher une apocalypse d’une sauvagerie inimaginable : accepter le pouvoir qu’il a hérité de son père et utiliser toutes ses ressources magiques pour vaincre l’ennemi, sauver Kahlan et refermer le portail.”

Extrait (page 19) :

“Richard venait de prendre une cuillerée de soupe aux épices quand un grognement menaçant retentit.

Le front plissé, il se tourna vers Gratch.

Les yeux aux paupières tombantes du garn émirent une vive lueur verte. Aux aguets, il sondait la pénombre, entre les colonnes qui se dressaient au pied du somptueux escalier.”

Mon avis :

Un troisième tome qui ne manque pas de saveur. L’aventure et l’action sont étroitement liées et dès les premiers mots, me voilà embarquée dans une nouvelle histoire où je suis avec confiance mais perplexité le jeune sorcier Richard.

La troisième leçon est éprouvante et tellement remplie de bon sens. Vous me pardonnerez de ne pas la dévoiler, c’est à vous de la découvrir au fur et à mesure de votre lecture !

Les mots de l’écrivain sont évocateurs et les images défilent devant mes yeux. J’aime cet univers même si, hélas, il y a beaucoup de violence (comme dans la vraie vie d’ailleurs !).

Et voilà que je m’attache à Soeur Verna qui, comme Richard, doit faire face à des responsabilités et doit mesurer le poids de chaque décision. Chaque personnage a son côté sombre comme son côté lumineux, et il arrive qu’à certains moments, je comprenne les réactions des Sœurs de l’Obscurité.

A lire si vous avez déjà lu les deux premiers tomes ! Si le tome 1 m’a enchanté, le troisième est meilleur que le deuxième. Il me tarde de lire la suite !

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Classé dans fantasy

Le Gardien des abeilles

Le Gardien des abeilles, de Jean-Paul Froustey, Editions Lucien Soury, roman, 2011, 18 €, 248 pages.

Quatrième de couverture :

“Trahi par une journaliste, calomnié par ses collègues et délaissé par sa femme, Xavier renonce brutalement à une prometteuse et brillante carrière d’urgentiste dans un hôpital parisien. Il abandonne tout et choisit une existence loin des hommes, en osmose avec la nature, au coeur de la forêt landaise. Intellectuel avéré, il se révèle aussi comme un artisan minutieux et exigeant qui, après des années de travaux, va donner une seconde jeunesse à la vieille maison qu’il a achetée. Par ailleurs, il se découvre un talent d’apiculteur avec les colonies d’abeilles abandonnées dans le parc de sa demeure. Il se prend de passion pour ses locataires qui, contre toute attente, ont résisté malgré l’absence de soin.

Considéré comme un ermite ombrageux, bourru et inaccessible par ses lointains voisins, Xavier s’épanouit pleinement dans son nouvel environnement qui lui offre un hâvre de paix et l’équilibre tant recherché.  Mais sa vie de reclus va brutalement basculer : d’abord lorsque Camille, cette journaliste qui a déjà brisé sa vie, croise de nouveau sa route, puis lorsque l’ouragan Klaus dévaste la forêt, le laissant gravement blessé.

Après avoir fui la société, mis fin à ses activités professionnelles et à ses relations, Xavier renoncera-t-il à la vie ou développera-t-il l’instinct de survie, à l’image de ces essaims d’abeilles qui ont survécu à la tempête ?”

Dans cette histoire haletante et profondément humaine, Jean-Paul Froustey nous fait vivre le combat incessant que l’homme livre avec la nature dans une des plus grandes forêts d’Europe. Un roman en hommage à un patrimoine naturel, précieux mais fragile.

Extrait : page 11, 1ères lignes 1er paragraphe :

“Pour la première fois, Camille avait décidé de prendre des vacances seule, loin des gens du show-biz et de la télévision. Elle en avait assez d’aller au bout du monde, de se heurter à son voisin de bureau qui avait eu la même idée ou qui,n comme elle, avait cédé à la mode du moment.

La jeune femme avait ouvert une carte, comme l’aurait fait un enfant, elle avait pointé son doigt au hasard : Mimizan.”

Mon avis :

En ouvrant ce livre après avoir lu la quatrième de couverture, j’étais persuadée d’avoir entre les mains un ouvrage qui me parlerait nature, écologie….

En fait, si les difficultés des sylviculteurs sont évoqués, l’auteur ne s’appesantit pas dessus et laisse ses personnages avancer vers leurs destins. Les deux personnages principaux, Xavier urgentiste et apiculteur et Camille journaliste, ont tout pour se détester ou être incompris. Mais cheminer avec eux, au coeur de cette belle forêt de pins maritimes, me les fait apprécier davantage à chaque page. Les personnages secondaires sont tout aussi sympathiques : Rémi, docteur, et Armelle, sa femme directrice d’une usine de bois, Emilie, docteur, et Julien, bûcheron, sans oublier Cyril, fils de Camille, qui va se prendre d’intérêt tant pour l’apiculture que pour Xavier qui ferait, selon lui, un excellent beau-père.

J’ai apprécié ce roman qui se lit vite et ne manque pas de rebondissements. L’auteur, Jean-Paul Froustey, nous emmène de Paris à Dax, tout en s’arrêtant à Bordeaux et Capbreton.

A lire pour ne pas oublier les dégâts que peuvent causer tempêtes et ouragans.

A lire pour celles et ceux qui aiment l’amour et le courage des personnes mises face à leur destin.

Un livre plaisant qui mérite d’être lu.

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Classé dans roman

1Q84–livre 1–Avril/Juin

1Q84 – livre 1 – Avril/Juin de Haruki Murakami, Editions Belfond, roman traduit par Hélène Morita, 2011, 534 pages, 23 €

Quatrième de couverture :

“Le passé – tel qu’il était peut-être – fait surgir sur le miroir l’ombre d’un présent – différent de ce qu’il fut ?

Un évènement éditorial sans précédent

Une œuvre hypnotique et troublante

Un roman d’aventures

Une histoire d’amour

Deux êtres unis par un pacte secret

Dans le monde bien réel de 1984 et dans celui dangereusement séduisant de 1Q84 va se nouer le destin de Tengo et d’Aomamé…”

Né à Kyoto en 1949 et élevé à Kobe, Haruki Murakami a étudié la tragédie grecque à l’université, puis a dirigé un club de jazz avant d’enseigner dans diverses universités aux Etats-Unis.

En 1995, suite à un tremblement de terre de Kobe et à l’attentat du métro de Tokyo, il décide de rentrer au Japon où il se consacre à l’écriture.

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Extrait page 11 (1ères lignes, 1er paragraphe)

“La radio du taxi diffusait une émission de musique classique en stéréo. C’était la Sinfonietta de Janacek. Etait-ce un morceau approprié quand on est coincé dans les embouteillages ? Ce serait trop dire… D’ailleurs, le chauffeur lui-même ne semblait pas y prêter une oreille attentive.”

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Mon avis :

J’ai adoré ! J’ai dévoré… Je n’ai pas vu le temps passer… J’ai appris à m’attacher aux deux personnages principaux Tengo et Aomamé.

Le rythme, s’il parait lent par moment suite à la description et aux détails fournis par l’auteur, est en réalité soutenu. L’auteur met par petites touches du suspense, des indices qui me font m’approprier cette histoire en me faisant poser des questions auxquelles je n’ai pas forcément trouvé de réponses, et il donne des réponses à des questions à peine soulevées plus avant.

Dès le premier paragraphe, il est évident que ce livre est et ne peut être autre qu’un best-seller. J’ai littéralement été emportée dans l’univers un peu étrange de l’auteur !

Un vrai bijou que ce livre !

Mais ? Qui sont les Little People ?

merci de ne pas répondre à cette question si vous connaissez la réponse… je veux garder le plaisir de la découverte !

Un livre à lire, à lire, à lire !

Comment ? Vous ne l’avez pas encore lu ?

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Classé dans roman d'aventure

Le Papillon des Etoiles

Le Papillon des Etoiles, de Bernard Werber, Editions Albin Michel, roman de science-fiction, 2006.

Quatrième de couverture :

“Cette planète est notre berceau mais nous l’avons saccagée. Nous ne pourrons plus jamais la soigner ni la retrouver comme avant. Quand la maison s’effondre, il faut partir. Recommencer tout, ailleurs et autrement.

Le Dernier Espoir, c’est la Fuite.”

Extrait (page 11, 1ères phrases du 1er paragraphe) :

“ 1- Puissance de l’eau

Au commencement était le souffle.

Le souffle puissant du vent salé.

Il faisait glisser les voiliers sur les océans infinis.

Et de tous les navires, le plus rapide était sans aucun doute celui d’Elisabeth Malory.”

Mon avis :

Un roman futuriste, une histoire qui pourrait arriver, un slogan “le dernier espoir, c’est la fuite” comme justificatif.

Un livre à l’écriture étrange au début que l’on comprend mieux une fois que l’on connait la fin de l’histoire.

Le thème préféré de Bernard Werber, la Terre et les Terriens, est mis en avant cette fois dans la construction d’un énorme voilier de l’espace, au doux nom du “Papillon des Etoiles”, ainsi que dans la durée du voyage qui semble infinie (plus d’un millénaire).

Je me suis posée la question tout au long du livre : “Vont-ils y arriver ? N’est-ce pas illusoire de tenter la fuite ?” Mais je me suis laissée porter par le rythme du livre.

Des références bibliques sont intégrées tout au long du roman, mais au lecteur ignorant, nul besoin de les connaître pour comprendre l’histoire.

Une chose est sûre : je ne regarderai plus jamais les papillons bleu-nuit (avec comme trois petites étoiles sur leurs ailes) de la même façon…

“Chenille, change, métamorphose-toi en papillon. Papillon, déploie tes ailes et envole-toi vers la lumière.”

Bref, j’ai aimé ce livre, ni plus, ni moins.

Un livre à lire en vacances ou dans le métro.

Un livre pour s’aérer la tête, mais aussi pour réfléchir : pourvu qu’on n’en arrive pas là…

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Classé dans roman de science-fiction