Archives mensuelles : mars 2012

La Boiteuse

La Boiteuse, Un hommage à la famille, à la tendresse, à l’amour de Marthe Gagnon-Thibaudeau, Editions “Succès du Livre Collection”, roman, 2005.

Quatrième de couverture :

“La jeunesse de Gervaise Lamoureux n’est pas rose. Après avoir vu, à l’âge de 3 ans, sa tante mourir de tuberculose, elle est blessée et reste boiteuse. Sa mère devient folle, son frère quitte la ferme familiale et son père s’endette pour lui payer des soins.

Gervaise se retrouve alors pensionnaire dans la famille Lamont où elle s’entend bien avec la petite Julie et Juliette sa mère, mais le père bat sa femme et Gervaise s’enfuit. Elle est recueillie par un brave curé qui la confie à une riche demoiselle, Anita Labrèche, laquelle lui donne une bonne éducation.

A la mort de sa bienfaitrice, Gervaise se retrouve dans un couvent où elle n’est pas très heureuse. Il lui faudra la rencontre de Télesphore Langevin, veuf et père de six enfants, pour découvrir l’amour. Alors qu’elle attend un enfant de lui, Gervaise commence à croire au bonheur.”

Après avoir vécu de nombreuses années loin de son Québec natal, Marthe Gagnon-Thibaudeau se découvre une passion pour l’écriture. En quelques années, elle écrit six romans, dont “Pure laine, pur coton” et “Le Mouton noir de la famille” qui rencontrent aussitôt un large public.

Extrait, page 12 :

“Furieuse, Lucette saisit l’enfant, et la roua de coups. La pauvre petite, sidérée, subit la colère de sa mère et ne fit aucun mouvement pour tenter de se protéger. Et Lucette frappa, frappa encore.

– Arrête, Lucette, arrête, tu vas la tuer ! hurla la malade.

Mais Lucette n’entendit pas. La fillette, clouée au sol, criait à rendre l’âme. Marie, effrayée, se leva avec peine, s’empêtra dans sa longue robe de nuit et tomba de tout son long sur l’enfant qu’elle chercha à protéger.”

Mon avis :

Un livre passionnant qu’on dévore et dont on dit après avoir lu la dernière ligne : “Comment ? C’est déjà fini ?”

Et une quatrième de couverture qui manque d’exactitude, comme si la personne chargée de l’écrire, avait lu le livre en diagonale… Mais ce n’est qu’un détail….

J’ai adoré… Les images ont défilé… Jai tout oublié… y compris le temps qui passe ! C’est un livre ensorceleur, dès qu’on le commence, il faut le finir, on veut savoir, comprendre…

Jamais la tension ne descend, le plaisir de la lecture est constant, et on vibre d’émotions en même temps que l’héroïne.

Nous voilà au Québec, au début du XXème siècle, et la vie de Gervaise défile, plus ou moins vite selon les évènements qui s’y produisent. Comment ne pas s’attacher à cette jeune femme dont la vie a mal démarré, mais dont le père a fait tout ce qu’il était humainement possible de faire au point de se sacrifier pour sa fille.

Si j’avais un livre à recommander, ce serait celui-là. N’hésitez pas, lisez-le !

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L’apprenti d’Araluen, Tome 1

L’apprenti d’Araluen – Tome 1 : l’Ordre des Rôdeurs de John Flannagan, Editions Hachette Livres, 2011, Fantasy (405 pages, 11,90 €)

Quatrième de couverture :

“Will rêve de devenir chevalier, comme son père, mort en héros au combat. Mais c’est un tout autre destin qui lui est réservé !

Il sera désormais l’apprenti du sombre Halt, un Rôdeur aux pouvoirs troublants, défenseur du secret du Royaume d’Araluen.

Pour maintenir la paix du domaine, Will doit apprendre la magie de la dissimulation et devenir une ombre parmi les ombres.

Et il lui faut faire vite car les montagnes désolées de Pluie et de Nuit murmurent que Morgarath, noir seigneur et baron félon, serait de retour… Et qu’il compterait bien reprendre le pouvoir par le feu et le sang.”

Extrait (page 149) :

“Halt examina la cible que Will venait d’atteindre et approuva de la tête.

– Pas mal du tout. Décidément, ton tir s’améliore.

Will ne put réprimer un large sourire. De la part de Halt, c’était un vrai compliment. Le Rôdeur remarqua la mine réjouie du garçon et ajouta immédiatement :

– Avec davantage d’entraînement, beaucoup plus d’entraînement, devrais-je dire, tu pourrais devenir médiocre.”

Mon avis :

Un livre plein de fraicheur, un univers moins sombre et inquiétant que le titre laisse supposer… Passé le prologue, j’ai plongé dans l’histoire, avec délice, du jeune héros qui, du haut de ses 15 ans, nous emmène avec ses doutes et son courage, son agilité et son sang-froid.

Si le sombre seigneur est évoqué dès le début du livre, on l’oublie très vite, comme un ado peut oublier car vivant dans le présent. Will n’a pas de nom de famille, sa mère est morte à sa naissance et son père au combat. Il n’a pas de lignée mais le Baron lui offrira instruction, nourriture et logement dans son orphelinat jusqu’au jour du Grand Choix où il partira en apprentissage chez le Maître qui voudra bien de lui. C’est là que commence réellement l’histoire…

Un  livre sympathique pour tous, mais qui devrait davantage plaire aux pré-ados et à leurs mamans !!

Un livre agréable qui se lit vite et avec plaisir, dans lequel on plonge et que l’on ne quitte pas.

A lire si vous aimez le Fantasy ou l’Aventure, mais n’attendez pas de noirceur ni de grandes angoisses dans ce tome… Oui, un petit livre bien sympa à lire !

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Adèle d’Aiguebrune

Adèle d’Aiguebrune de Pascale Rey, Editions Robert Laffont, Roman, 1999

Quatrième de couverture :

Le soir tombe lentement. Un reste de lumière vient mourir sur l’eau, s’enfonçant comme une lame dans la surface calme que rien ne peut déchirer. Comme j’aime cet étang, sa sauvagerie paisible et son indifférence. Aux heures les plus cruelles, c’est ici que je suis venue chercher un peu d’apaisement. J’y viens encore ce soir, malgré le froid. Il n’est de souffrance que l’étang ne puisse partager avec moi. Depuis si longtemps que nous sommes ensemble. Depuis toute ma vie.”

Nous sommes en pays d’Horte, entre Angoulême et Périgueux, des dernières fêtes d’une aristocratie qui court à sa perte aux orages de la Révolution et de la Terreur, où passe l’Histoire, impitoyable.

Ces temps qu’elle a vécus, Adèle d’Aiguebrune, la boiteuse, fille de haute et ancienne race –une âme juste et fière dans un corps blessé- nous les raconte comme en confidence, elle qui a compris dès l’enfance que “rien n’est donné et qu’il faut prendre et se battre”.

Une vie d’aventures qui évoque Jane Eyre, une fresque intimiste, pleine d’humanité, de folies, de sentiments –et surtout, cette voix qui nous touche, celle d’une femme lucide et généreuse, que l’on n’oublie pas.

Dès ce premier roman, Pascale Rey fait preuve d’une maîtrise de l’intrigue et du rebondissement à la Dumas, et elle s’impose à nous, avec sensibilité et naturel, dans l’évidence d’un authentique talent.

Pascale Rey, née à Périgueux, est enseignante en Charente, précisément dans la région qui lui a inspiré l’histoire d’Adèle d’Aiguebrune.

Mon avis :

Je n’ai pas mis d’extrait car l’auteure nous a mis le premier paragraphe de son roman en début de quatrième de couverture.

Voilà un beau livre que je ne suis pas prête d’oublier, avec l’histoire d’une femme-courage qu’on appellerait aujourd’hui résiliente. Une femme d’aujourd’hui qui a vécu la Révolution de 1789.

J’ai été embarquée dans cette histoire dès la première minute et jamais je n’ai été lâchée… Je me suis laissée emmener au rythme des saisons, de la vie, sans avoir le temps de me dire : “tiens ? il devrait se passer ça à tel moment…” et c’est plutôt rare en ce qui me concerne.

L’histoire de cette femme jalonnée de deuils et qui a tout pour mal démarrer rebondit avec la volonté d’Adèle, sa lucidité et sa persévérance.

Chapeau, Pascale Rey ! Votre livre est magnifique, empreint de sensibilité et non de sensiblerie. Une vraie leçon pour chacun d’entre nous.

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Les Héritiers du désert

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> Le livre : Les Héritiers du désertde Jean Deminzac, Edition Société des Ecrivains, 544 pages, 25 €, roman d’amour et d’aventure, 2011.

> Le pitch :Juste avant de mourir, le marquis De Kéraldec ajoute une clause à son testament : il lègue toute sa fortune à un garçon, Sylvain, ami de la famille à condition que sa petite fille Hermine l’épouse. Ce mariage qui doit durer un an emmène Hermine et Sylvain en Inde où ils vivront une incroyable aventure à la recherche d’un temple perdu. Face à leur destin, entre humanitaire et archéologie, ils auront à reconnaître leurs sentiments.

Merci au site des Agents Littéraires (http://www.les-agents-litteraires.fr) et à la Société des Ecrivains de m’avoir permis de lire ce livre en me l’envoyant gracieusement. Les Agents Littéraires ont à cœur de faire découvrir de nouveaux auteurs, parmi les livres qui sortent chaque année chez des éditeurs indépendants, voire même auto-édités. Et il y a des petites merveilles dans la dizaine de milliers de livres qui sortent chaque année.

> La critique : Un livre qui m’a surpris par son rythme dès le départ. Si je devais lui donner un genre, je serai bien embêtée, alors je vais dire : roman d’amour, mais pas à l’eau de rose, l’amour avec un grand A… Et aussi roman d’aventures, dans un pays où l’on survit plus qu’on ne vit… Une quête de soi, de l’amour, de la vie…

Alors que je m’attendais à un rythme rapide, à un climat générant du suspense, l’auteur m’emmène tranquillement à la découverte du personnage principal de ce livre : Hermine. Après avoir lu la quatrième de couverture, je m’attendais à un thriller, j’apprécie la douceur de vivre bretonne, même si le début de l’histoire est plutôt triste car il résume les premières années de vie d’Hermine, la petite-fille du marquis et amiral De Kéraldec.

Et du coup, ce personnage devient dès les premières lignes attachant. J’ai eu de la compassion pour cette jeune fille qui a eu la malchance de naître fille, de perdre père et mère, et d’être reniée par son grand-père maternel parce que fille et donc non digne de la mer… car le vieux marquis était amiral, il avait voué sa vie à la marine, et s’était reconnu en Sylvain, digne héritier selon lui. La première partie nous parle de sa mort, et des conditions de l’héritage, qui seront exécutées à la lettre, sans compter une prédiction… Le cadre est bien posé, l’aventure peut commencer, et croyez-moi, elle commence avant même le départ en Inde d’Hermine…

Au milieu du roman qui nous emmène à Bombay, voilà que le rythme s’accélère pour devenir trépidant. L’action qui prédomine nous fait voyager hors du temps, dans un univers qui assemble la médecine, la science militaire et l’archéologie, l’amour et les souvenirs, le danger et la confiance… Quel passage extraordinaire que j’ai adoré !! Si vous aimez l’aventure, vous êtes servis à chaque instant, à chaque mot… Je ne crois pas qu’on puisse y être insensible.

La fin est plus posée, plus douce aussi, sur le même rythme qu’au début du livre. Je ne la dévoilerai pas. Mais j’ai apprécié le calme d’après la tempête qui en est sorti. Mais la fin n’est pas sûre, quoique je me suis demandée si mon idée de départ allait être l’option prise par l’auteur…

Si vous voulez en savoir davantage, ce n’est pas compliqué : rendez-vous sur le site de la Société des Ecrivains :

(http://www.societedesecrivains.com/librairie/livre.php?isbn=9782748370126), et achetez le livre !

Impossible de s’ennuyer… De très beaux moments de lecture. L’auteur, Jean Deminzac, est aussi poète, et sa sensibilité transparaît quand il parle de l’amour. Il nous emmène au cœur de l’action avec une facilité déconcertante. Et c’est une première œuvre !! Il me tarde de pouvoir en lire une autre de Jean Deminzac (si vous me lisez, n’hésitez pas, j’attendrai patiemment… avec une vraie pointe d’envie !)

Un livre à lire absolument si vous aimez l’aventure, l’amour, l’action, le suspense, bref, si vous aimez l’aventure humaine de la vie !

> Et s’il fallait mettre une note, ce serait : 4,25/5

La critique est parue sur le site des agents littéraires : http://www.les-agents-litteraires.fr/les-heritiers-du-desert-de-jean-deminzac#comment-2933

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